Margaux Thoueille - Portrait Tambour

Quand j’ai rencontré Margaux, j’ai très vite senti que je rencontrais une sœur artisane. Margaux façonne la terre, sous forme de céramique, pour faire naître des objets aux formes fluides pleins du sens qu’elle met dans tous ses gestes et tous ses actes.

C’est avec cette conscience aiguë du monde que Margaux vit sa relation avec le tambour. Il a d’ailleurs fallu que l’esprit de son tambour insiste lourdement, allant jusqu’à la réveiller la nuit, pour qu’elle franchisse le pas d’en commander un.

Je vous laisse découvrir cette aventure à travers ses mots !


Crédit photo : Laura Wencker

Rencontre

  • Décris-nous ta première rencontre avec le tambour ?

Ma première rencontre avec le tambour se déroulait auprès d'une amie. Je ne me souviens plus exactement de LA première fois, c'était surtout une même période. J'étais très impressionnée par les sons, la richesse du voyage que cela m'a apporté.

Lors de cercles de lunes et lors de retraites, il y a avait toujours un tambour.

  • Comment as-tu rencontré ton propre tambour ?

J'ai d'abord rencontré Caroline. Je ne pensais pas avoir de tambour à mes côtés jusqu'à cette rencontre ! Et puis, de fil en aiguille, des coups de tambours me réveillaient la nuit. Le tambour jouait même dans la journée.

Je l'ai rencontré pour de vrai un jour de décembre, et il était parfait.

Crédit photo : Margaux

  • Comment as-tu appris à jouer toi-même du tambour ?

J'ai joué, petit à petit, pas tous les jours. J'ai médité avec lui. J'apprends toujours :)

  • Peux-tu nous parler du début de ta relation avec ton tambour ?

Au départ, c'était sûr qu'il y avait ce lien particulier. J'y pensais souvent. Mais... Je ne me sentais pas si proche dans le sens où je pensais ne pas comprendre mon tambour. J'ai besoin encore de temps pour le comprendre.

  • T’es-tu posé la question de ta légitimité à utiliser cet instrument ?

Oui ! Et encore aujourd'hui. Comme je n'ai pas reçu d'apprentissage particulier.

Ta pratique

  • A quoi ressemble ta pratique personnelle du tambour ?

Je joue, je chante, comme ça, sans vraiment comprendre, sans chercher à faire quelque chose de spécial. Je joue rarement cependant, j'ai encore du mal à importer cette pratique dans mon foyer.

  • Que t’apporte cette pratique ?

Elle me reconnecte de manière simple à moi-même et à ce qui est. Elle me redonne confiance dans ma présence.

  • Où joues-tu du tambour ?

J'ai aménagé une pièce chez moi dans laquelle j'ai prévu de jouer. C'est une petite pièce où je prépare aussi le thé, où je médite, où je tire les cartes, où je travaille.

  • Que ressens-tu quand tu joues ?

Je ressens du calme et de l'alignement.

  • Pratiques-tu avec une intention ou de manière complètement libre ?

J'essaie de pratiquer avec intention mais j'ai l'impression de ne pas réussir à canaliser cette intention. Je joue donc plus facilement de manière libre.

  • Sens-tu une différence entre jouer du tambour toi-même pour toi et quand quelqu’un d’autre joue pour toi ?

Oui, totalement ! Quand je joue, je me sens alignée. Quand quelqu'un d'autre joue, je voyage. Je n'arrive pas à voyager seule.

  • En quoi est-ce différent de jouer seul.e ou à plusieurs ?

Quand on est seul.e, j'ai l'impression de comprendre ma Voie et d'être à ma place. Quand je joue avec d'autres personnes, c'est une fête où chacun.e donne le meilleur de lui.elle pour le groupe.

Plus généralement

  • Que représente, pour toi, le tambour ?

C'est un compagnon. C'est une manière de me rappeler que je ne suis pas seule, que des allié.es m'accompagnent.

  • Selon toi, n’importe qui peut jouer du tambour ?

Je pense que oui. C'est simplement que le sacré doit être respecté.

  • Tambour et appropriation culturelle - qu’en penses-tu ?

Comme pour beaucoup de sujets spirituels/culturels, le tambour subit cette appropriation culturelle. Je ne connais pas l'histoire du tambour, je ne connais pas l'histoire des cultures qui utilisent le tambour. Je pense que beaucoup de personnes s'approprient cet objet sans l'intégrer en elleux, sans intégrer la totalité de ce que cela signifie.

  • Tambour et écologie - qu’en penses-tu ?

C'est une véritable question. Pour ma part, j'ai un chemin vers le végétalisme, véganisme. Je n'achète pas de produits issus de l'exploitation animale. Je ne parlerais pas d'écologie mais d'éthique. Je ne souhaitais pas de tambour pour cette raison : je ne veux pas qu'un être ait à payé de sa vie sa présence dans ma vie. J'ai eu à dépasser mon éthique pour accepter le tambour. Ça a été un véritable frein. Malgré cela, le fait que le tambour me réveillait a fini par me faire changer d'avis.

Ça rejoint un peu le problème de l'appropriation culturelle mais je pense que chaque personne doit prendre ce temps d'intégration.

J'ai l'impression que cela demande du temps.

J'espère sincèrement que chaque personne qui utilise un animal, une vie pour un tambour à cette conscience et ce respect. Je vois ça comme un objet sacré, qui doit être réellement pris au sérieux.

  • As-tu des conseils pour les débutants ?

Prendre le temps d'observer, d'échanger, de discuter, de comprendre, d'honorer. Ça peut passer par juste regarder le tambour et apprécier sa présence de tout son cœur.

Et pratiquer, à son propre rythme en s'extrayant de l'influence des réseaux, des ami.es qui pratiquent.

  • Comment choisir son tambour ?

Encore cette histoire de temps à prendre. Ne pas se presser parce que cela est un "accessoire" essentiel pour pratiquer sa spiritualité.

J'étais très contente de rencontrer Caroline car nous avons échangé sur cette pratique du tambour avant que je me lance. J'ai aussi pris conscience de la présence du tambour dans ma vie. En ce qui concerne la peau utilisée, garder son cœur ouvert et toute son attention pour entendre la présence qui nous attend.

  • Des références à proposer ? (livres, films, formations, praticiens, etc)

Ce ne sont pas forcément des livres sur le tambour ! Le thé m'accompagne sur une partie de mon chemin et j'ai trouvé quelques passerelles dans les pratiques en répondant à ces questions. Je lis en ce moment "Tea Medicine" de Aaron Fisher (Wu De) qui parle de la présence du thé et de ce que cela peut nous apporter.

Et René Char m'accompagne aussi dans sa relation aux mondes (au monde réel que l'on voit de ses propres yeux et au monde subtil que l'on ressent).


Retrouvez Margaux :


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